Sur un archipel coupé du monde, se trouve une académie comme les autres, à l'exception qu'elle regorge de créatures aussi extraordinaire les unes que les autres.
 

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MessageSujet: Kyrie L. Kawayashi || La douceur d'une mère, la tendresse d'une épouse, la volonté d'une femme. Mer 20 Jan - 1:44
Invité


 

 

 
" Kawayashi Kyrie L. "

 
"Hana, Tatsuo, mes chéris, soyez calmes, voulez-vous bien ?

 
Informations de bases • Je me nomme Kawayashi (Rocheliodel de mon nom de jeune-fille) Kyrie Luna et j'ai 30 ans. Je suis une médium, je fais parti de la faction bonne/neutre (bleu-vert) et je le vis bien. Je suis une citoyenne (libraire) mystiques.

 Et derrière l'écran • Tu peux m’appeler Kiri. J'ai bientôt 18 balais ans et j'écris depuis presque 8 ans. J'aime (Shinobu) la musique, et d'autres trucs et je déteste qu'on me coupe en pleine sieste. Mon personnage est Irisviel Von Einzbern de Fate/Zero. J'ai trouvé le forum sur le front de Flamel et je trouve qu'on a fait du bon boulot. J'ai hâte de jouer parmi vous :3


 Caractère et Physique • Miroir, miroir !
 
Croyez-vous, en un seul regard, pouvoir comprendre les coins et recoins du psyché de l'étrange demoiselle ? Kyrie est une personne étrange, difficile à cernée totalement. Elle semble être comme la neige, il est facile de la contempler, de la toucher et de la comprendre, mais elle ne reste jamais assez longtemps pour que l'on s'attache à elle, ce côté éphémère lui donnant toutefois un côté très attachant et précieux, surprenant à réaliser lorsque l'on sait qu'un japonais a su la marier. La plupart du temps, la noble est distante et détachée des situations qui se déroulent près d'elle. Son air comme perdu donne l'impression qu'elle se moque de tout et que rien ne l'intéresse suffisamment pour la faire redescendre sur terre. Elle agit comme si ce qui arrivait ne lui arrivait pas à elle mais à quelqu'un d'autre, quelqu'un qui posséderait autant qu'elle son corps. Son visage vide et d'un calme inébranlable en apparence n'a aucune difficulté pour parfois jeter d'imposants froids dans des conversations pourtant très bien lancées. Malgré tout ceci, la fleur fragile est très attentive à ce qui l'entoure et remarque les moindres détails. Si une personne qu'elle voit régulièrement vient à changer rien que légèrement de comportement, Kyrie le remarquera sans faute. Même s'il ne le semble pas, elle trouve une importance cruciale aux détails qui forment, à eux seuls, un tout régulier et généralement d'une habitude rassurante pour tous. Ainsi, en observant les gens et plus globalement son entourage, la belle apprend à porter une certaine attention à chaque individus et à chaque chose. Face aux gens, Kyrie est d'une politesse plate mais présente, d'un calme olympien et glacial. Elle répondra poliment, mais ne cherchera pas à faire de longues phrases construites si vous ne parvenez pas à piquer son intérêt. Non pas qu'elle n'en soit pas capable, loin de là, mais il semble qu'elle ne veuille pas prendre la peine de montrer aux autres qu'elle n'est pas stupide. Que les gens la pense parfois idiote lui convient, en réalité, car ainsi ils peuvent être surpris lorsque, dans une situation désespérée, elle peut se permettre de leur venir en aide, non sans ironie et commentaires glissés discrètement, non sans ce regard hautain et presque méprisant qui fera briller les perles de ses yeux vairons. Cependant, Kyrie Luna n'agit pas ainsi avec les individus plus âgés qu'elle. La dame respecte ceux-ci qu'elle sait détenteurs d'un savoir plus large, plus étendu que le sien, même si celui-ci semble déjà bien développé. Avec d'autres adultes, elle parle plus facilement, s’intègre avec une aisance déconcertante à toutes conversations que celles-ci concernent la politique, l'économie dans le monde, les derniers développement ou encore les idées pouvant construire l'avenir. Intéressée par tout mais pas forcément bavarde sur tout, elle parle sans mal avec des personnes ayant autant de connaissances qu'elle, cependant elle n'étale pas, au possible, son savoir. Débattre avec les autres semblent être quelque chose que la belle apprécie tout particulièrement. Confronter les idées de chacun et en trouver autant les failles que les atouts lui permet de tourner sa vision des choses et ses pensées dans le sens de la personne avec laquelle elle discute afin de mieux la comprendre. Très ouverte d'esprit, Kyrie ne semble refuser aucun débat, même s'il semblerait que les gens de son âge ne s'intéressent pas vraiment au partage des opinions. Ainsi, parce qu'elle se sent un peu éloignée des personnes de sa génération, elle ne tente jamais de se rapprocher d'eux d'elle-même, trouvant les contacts humains difficiles à gérer. Il est, bien malheureusement pour sa vie sociale, vrai qu'elle n'attire pas les gens. Ou tout du moins qu'ils n'osent pas venir lui parler la plupart du temps, peut-être de peur d'être envoyer sur les roses par ce visage d'ange. Seuls ses aînés osent parler à notre belle dame, et certains se confient même à elle de leurs plus grands secrets.

Toutefois, si des gens se confient à notre Kyrie, cela n'est pas pour rien. En effet, même si la mère peut glacer une conversation par sa simple présence, elle peut s'avérée très douce et plaisante, d'une confiance ressentie. Lorsqu'elle parle de sentiments avec les gens, elle parle de son propre chef, sans penser à l'avis extérieur, en écoutant seulement ses émotions et ses désirs. Il arrive donc quelques fois que les personnes ayant parlé à notre protégée prennent confiance rapidement et viennent à discuter de leurs problèmes avec elle qui, à force, répond de simples aides permettant aux gens de se comprendre eux-mêmes afin de trouver sans véritable aide la réponse qu'ils cherchaient. Lorsque l'on parle avec elle, l'on découvre que Kyrie est le genre de personne à faire réfléchir les gens sur eux-même, et pas forcément pour leurs défauts ou leurs faiblesses. Même si elle semble peu gentille, voir méchante, la libraire apprécie, quand elle le peut, d'aider les gens perdus dans leurs sentiments, probablement parce qu'elle connait ce sentiment d'égarement laissant comme un vide. Si l'on lui demande , d'ailleurs, ce qu'elle pense d'elle, elle répond toujours la même chose. Elle est un miroir. Un miroir qui montre aux gens ce qu'ils sont vraiment pour les faire doucement s'accepter. Cependant, comme tout miroir, elle ne se voit jamais elle-même car, si elle se place face à un autre miroir, encore une fois, elle ne verra que le reflet de ce qu'elle projette. Pour cela, elle se sent assez seule. Personne n'irait retourner le miroir, juste pour voir s'il n'y a pas quelqu'un de perdu et de seul derrière, parce que les gens ne pensent qu'à regarder leur reflet. Il semble, malgré tout, que la douce soit heureuse de pouvoir dire qu'elle est ce morceau lisse de verre car, malgré son apparence et ses airs, elle possède une gentillesse noble, une gentillesse qu'a su découvrir Shinobu sans mal. Elle n'aidera jamais personne en disant simplement vouloir l'aider, elle trouvera toujours un prétexte expliquant son action et allant dans son sens, mais elle aidera si cela ne demande pas d'efforts physiques, efforts dont elle se sait incapables quoi qu'ils puissent être. Les personnes qui connaissent bien la jeune femme disent elles-mêmes que celle-ci agit à l'envers très souvent, et que c'est pour cela qu'il est parfois très difficile de la comprendre, parce que le contraire de quelque chose à son contraire n'est pas forcément la chose correcte. Cependant, ses bonnes actions sont toujours honnêtes, même si elle les dissimules sous des prétextes parfois absurdes et farfelus, et aux travers desquelles il est parfois possible, si un certain personnage se trouve à ses côtés, de discerner un faible rougissement.

Kyrie pensait n'avouer jamais être heureuse, tout comme elle pensait n'avouer jamais être triste. Pour elle, ses sentiments doivent être gardés, protégés et chéris. Lorsqu'une mauvaise chose lui arrive et qu'elle y réagit, même si cela est rare, la somptueuse créature ne le prend pas spécialement mal. Pour elle, le Ying et le Yang prennent tout leur sens. Sans ombre, pas de lumière. Sans peine, pas de joie. Elle accepte donc ses difficultés, même si certaines sont très difficiles à accepter, en se disant que si elles n'existaient pas, ses forces n'existeraient pas non plus. Elle cache donc ses émotions, même si parfois ses yeux la trahissent face à son mari sachant si bien la décrypter. Quelques fois, sa voix se perd et s'amenuise au fil d'une phrase jusqu'à finir par n'être qu'un murmure presque inaudible. Kyrie fait tout son possible pour que personne ne remarque jamais que parfois des larmes lui échappent, très soucieuse du fait de pouvoir peut-être inquiéter les gens autour d'elle pour des choses qu'elle trouverait inutiles pour eux. Malgré qu'elle prenne les choses avec courage, certaines choses lui font bien trop mal sur le coup. Avec du recul, elle s'adapte et se remet mais ne sont pas rares les fois où elle aura mit plusieurs semaines pour se remettre de quelque chose, principalement lorsqu'il aura s'agit de maladie de ses enfants, ou bien d'inquiétudes de ceux-ci qu'elle n'aurait pas su apaisé. La force est née de la faiblesse tout comme l'inverse est vrai aussi. Alors où est le mal d'être faible sous cape pour être forte aux lumières de tous ? De plus, Kyrie n'a pas vraiment le choix. Pour elle l'honneur de sa famille est une chose qui ne doit pas être bafouer. S'il venait à arriver qu'elle déshonore son nom, la noble s'enfermerait certainement sur le champs. Son nom est une chose très précieuse à ses yeux, car il signale son appartenance à sa famille, son lien avec son père, son rang et sa place. Même si désormais, un autre cache celui-ci. Ainsi, elle fait toujours attention à elle et à ce que l'on voit d'elle, même s'il arrive qu'elle en souffre beaucoup.

• GOÛTS : Kyrie vous semblera toujours venir d'une autre époque. Que ce soit son style vestimentaire, les livres qu'elle lit, tout murmure qu'elle n'appartient pas à ce temps, et qu'elle ne s'en porte pas mal. Si quelques femmes se plaisent à écouter des musiques rythmiques, aux paroles enjouées, la française est cramponnée sur les grands classiques, qu'il s'agisse de Beethoven ou Schubert et bien d'autres encore. Elle ne supporte d'ailleurs pas les autres genres de musique, peu importe combien elle tente d'être ouverte à ceux-ci. Et, entre les murs de sa demeure, il faut donc s'attendre à entendre du piano, parfois de la harpe, et non pas de la batterie et de la basse. Au niveau des livres, la mère est passionnée d'Agatha Christie et plus généralement d'un peu toutes les histoires un peu policières. Dans le lit, pourtant, avant d'aller dormir, elle se montre fidèle à Shakespeare et ses tragédies, qu'elle ne se lassera jamais de relire et relire encore et encore. Au niveau de la cuisine, Kyrie n'est pas une personne difficile, bien qu'elle apprécie les détails que son mari ajoute parfois lorsqu'il lui prend de faire des petits plats pour toute sa petite famille.

• PARTICULARITÉS : Kyrie est une personne très mélancolique. Le fait d'avoir amasser les souvenirs des autres, au contact, lui a donné cette sorte de tristesse d'âme faisant d'elle une personne singulièrement sombre, bien malgré son éclat de dame. Elle se borne, malgré la confiance que son mari se tue à lui donner, à porter sans cesse des gants qui la protège des autres, afin que ceux-ci soient aussi en sécurité, à l'abri de sa capacité étrange. Les années ont fait, bien sûr, leur oeuvre, et Kyrie maîtrise plus ou moins ce don  qu'elle possède, mais une part d'elle craindra toujours de s'incruster dans la mémoire de quelqu'un, sans son accord, ce qui peut arriver parfois sous de trop fortes émotions. C'est aussi une véritable phobie, que l'idée de pouvoir un jour faire ce mal à ses propres enfants involontairement.

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• VISAGE : Parfois, quand l'on regarde Kyrie, on se demande si elle ne viendrait pas d'un autre monde. D'un monde vraiment très lointain, un monde que personne n'aurait jamais découvert. Sa simple apparence laisse les gens en suspend. Elle possède un petit quelque chose qui épate les gens et leur donne envie de ne pas la quitter des yeux, comme si elle allait changer en un instant et devenir quelqu'un ou quelque chose d'encore plus étonnant au détour d'un couloir. Sa simple présence peut suffire à faire devenir lourde une atmosphère de par son calme froid et son visage épatant et attirant, charmant de cette glace, de cet air détaché. En réalité, que voit t-on en premier de la belle dame ? La réponse est simple : ses cheveux. Il est relativement rare de voir des personnes avec des cheveux comme ceux de la française. En effet, la belle possède une pigmentation de cheveux assez particulière. Ses cheveux, longs et ondulés, possède une couleur bien peu commune, une couleur pure et énigmatique. D'un blanc de neige, d'ivoire, ils possèdent quelques mèches aux tons et reflets grisés voir ébènes qui lui donnent un air des plus rares et pour lesquels son mari a visiblement a eu le coup de foudre. Ceux-ci sont aussi très soyeux, qualité qui profite profite à l'homme qui y glisse parfois les doigts, et, bien que solides, ils glissent entre les mains de quiconque tellement leur toucher est doux. Il est d'ailleurs très complexe pour la dame de les nouer, car les élastiques glissent la plupart du temps. C'est pour cela qu'il est très rare de voir la médium les cheveux attachés, sauf pour obligation, principalement parce qu'elle n'a pas toujours le courage de s'atteler à cette emprise de temps et parce qu'elle sait parfaitement que son conjoint la préfère les cheveux lâchés. Sa vie de mère la contraint cependant à faire preuve d'efforts lorsqu'elle doit s'occuper du logis, ou bien de Tatsuo et Hana. Quelques fois, ornent ses cheveux rubans et autres babioles, qu'elle passe des heures à faire tenir lorsqu'elle en a le courage, mais qui lui donne un air quasi enfantin et innocent qu'elle affectionne tout particulièrement.

Poursuivons donc par le visage de cette dame. Cela pourra vous étonnez, mais Kyrie ne se maquille presque pas, ou alors simplement d'un trait de crayon pour affiner son regard, d'un coup de rouge à lèvres. Autrement, elle ne se maquille que pour les grandes occasions comme les bals scolaires ou les spectacles, peut-être parce qu'elle trouve dommage de devoir cacher son image par peur du regard des autres quand son regard est généralement le plus surprenant. Pour ce genre d'événements, elle se maquille comme la lady qu'elle se trouve être, c'est-à-dire très discrètement de manière à pâlir son teint de pêche, sans pour autant obtenir un air maladif. Ses lèvres légèrement roses se retrouvent alors quant à elles teintes d'un rouge léger, donnant des envies de baisers volés, et voluptueux, faisant scintiller doucement celles-ci que l'on ne remarque pas tant que cela de par leur finesse. Ses longs et fins cils qui lui donnent un regard attendrissant sont encore allongés en un regard presque aussi fatal que captivant. Pour ses yeux, elle n'a presque rien a rajouté, car en eux-mêmes ceci sont sublimes. De grands cercles représentant deux mondes distincts, ils sont pour l'un entre le rouge et le rose, semblable à une fleur s'épanouissant, et pour l'autre bleu, de ce ciel dans lequel se perdent les oiseaux libres, de ces couleurs qui se mêlent sur un unique regard lorsqu'elle vous fixe. Lorsqu'elle reste longtemps au soleil, les yeux de cette française s’éclaircirent, le contraire existant aussi mais pour le cas d'une faible exposition aux rayons de l'astre du jour. Son visage en lui-même, maquillé ou pas, est délicat et agréable. Ses traits fins et clairs sont d'une féminité qui noue les regards à elle. Elle est une très jolie épouse, et cela se remarque en la voyant sourire. Le sourire de notre dame peut d'ailleurs être aussi terrifiant que rassurant et apaisant. Lorsqu'un sourire se glisse sur ses lèvres, et ce dans son bon sens, ses traits s'adoucissent, sa voix suave et adulte devient plus svelte et douce, appréciable et délicate, comme si son ton était devenu plus charmeur.

Passons à un élément qui enchantera certain : le cou de la frêle créature. Je vous vois venir avec vos yeux grands ouverts ! Et oui, c'est un élément important, assez pour avoir sa propre place. Tout d'abord, il faut se dire que le cou de l'ancienne donzelle est très souvent visible, car ses vêtements ne cache pas celui-ci, en dehors de quelques ras-de-cou imposants. D'un blanc de neige, caractéristique de sa peau, le cou de Kyrie semble appétissant et délicieux, rien qu'en le lorgnant un peu. Mais gare à quiconque aura l'envie d'y laisser une marque bleutée ou bien d'y mordre, le mari veille au grain ! Ce cou délicat est quelques fois exposé au soleil, sans toutefois y être sans arrêt. En particulier pour le fait que la femme ne passe pas tout son temps la tête en l'air. Et, plus simplement, parce qu'elle n'irait pas faire un somme dans l'herbe, vers midi, tout juste sèche, pour s'attirer les foudres, si l'on puis dire, du soleil qui la ferait se sentir mal bien vite, elle qui si souvent se balade avec une ombrelle pour contrer les rayons de cet astre fou ou qui marche dans l'ombre de son imposant japonais. D'ailleurs, la fragilité de la peau de la petite versatile ne s'applique pas qu'à son cou, mais partout. Et cela n'est pas seulement aux coups de soleil, mais aux coups physiques aussi. Si elle venait à faire une chute, même si ce n'était que d'un tabouret ou d'un chaise, elle pourrait être sévèrement blessée, justement parce qu'elle est très fragile naturellement, marquant très vite. Bien évidemment, elle ne mourrait pas, n'exagérons rien, mais ses blessures pourraient être toutefois graves et elle mettrait donc du temps à se rétablir, rien que moralement, du fait d'être tomber et de s'être fait aussi mal.

• CORPS : En baissant légèrement la tête, vous parviendrez à ses épaules. Des épaules qui, et cela se voit au premier coup d’œil, ne peuvent pas porter grand-chose. La force physique de notre femme des ombres et des ténèbres, authentique mystère, ne reprend les rênes que quand cette dernière s'emporte d'une colère, n'égalant pourtant que rarement celle de ces confrères et consœurs de l'humanité. Tout le reste du temps, elle supportait, pendant sa scolarité, les efforts que l'obligeaient à faire ses professeurs de sport. Si la demoiselle s'en sortait sans trop de casse en gymnastique de par sa souplesse de véritable félin, sa grâce de danseuse de ballet, la course ainsi que les sports de balles étaient déjà de véritables calvaires pour elle. Comment vouliez-vous que la demoiselle court après un ballon, avec le peu de force qu'elle possédait ? Et n'imaginez pas ce que cela à donner quand le professeur, un jour, a tenter de mettre la brindille aux cages pour réceptionner le ballon tiré à pleine puissance par un élève ! Notre ancienne Rocheliodel s'en souviendra toute sa vie... ! La plupart du temps, pour se venger de ce qu'ils prenaient pour de l'arrogance et de son ton "hautain", froid et distant d'une politesse imposante, les professeurs malveillants et peu réfléchis lui donnaient à faire des efforts qui, pour sa condition physique, étaient impossibles, en sanction. La demoiselle s’acquittait des tâches avec courage et douleur. Toutefois, les efforts nous rattrapant toujours sans faute, elle se retrouvait souvent, suite à cela, obligée de prendre des jours de repos. Même si notre noble déteste cela, elle doit prendre chaque jour de nombreux cachets pour pouvoir tenir les efforts qu'elle fournit ou encore lui permettre de dormir sans encombres, le sommeil faisant toujours cruellement défaut aux êtres perdus dans leurs mémoires et celles des autres. Il arrive, pour cela, assez fréquemment que le glaçon sur pattes refuse d'apporter de l'aide aux personnes qui le lui en demande. Non pas parce qu'elle n'en a pas envie, mais plutôt parce qu'elle sait qu'elle ne fera que ralentir. De plus, cette fragilité native a longtemps été un très grand problème pour elle, même en dehors de sa vie scolaire. Enfin, surtout en dehors de sa vie scolaire. Etant une fille de grand dirigeant d'entreprise, elle se devait d'être forte, robuste, et devait pouvoir affronter n'importe quel problème sans soucis, en l'honneur de son nom noble, et plus précisément sans aide. Cependant, avec sa force amoindrie, elle ne pouvait pas faire grand-chose, tout comme aujourd'hui, même si personne ne semble réellement s'en douter. Il faut dire que, non loin d'elle, il se trouve pratiquement toujours Shinobu. Et que le japonais, de son côté, n'a pas le moindre mal à faire preuve d'une force qui manque à son épouse.

Les formes de la demoiselle ? Osez baisser la tête et celle-ci se fera un plaisir de vous arracher les yeux et de vous les rendre dans la soupe qui vous sera servit prochainement en allant à sa demeure. Dire qu'elle est complexée vous ferez jouer avec un jeu plus que brûlant, ou alors plus que gelé, dites-le vous juste. Vous vous attendez certainement à ce que la demoiselle n'en ait pas, ou alors trop. Eh bien, vous frôlez la vérité. Sa poitrine, des suites de sa grossesse, est devenue plus volumineuse, oreiller favori de ses deux petits angelots. Mais c'est là bel et bien une chose qui ne plaît pas à la tête blanche. Les gens qui la regarde quand elle passe devant eux, les hommes lui parlant et la collant dans la rue quand son époux n'est pas à ses côtés, les charmeurs de l'aristocratie française, parfois même anglaise, ne cessant de demander sa main à son père qui se réjouit de voir de si bonnes familles s'intéresser à une enfant pourtant déjà mariée... Kyrie déteste cela au plus haut point, tentant d'y échapper avec courage dès qu'une faille se glisse dans ces situations invivables, si souvent cachée derrière son mari comme le plus humble et sage protecteur de cette Terre. Et pourtant ! Charmeuse jusqu'aux bouts des ongles, pourtant, sans provocation toutefois, elle vernit souvent ceux-ci selon ses envies.

Pour poursuivre, nous allons passer au ventre de la dame ! C'est sûr, vous ne verrez pas grand chose sous ses vêtements ! De plus, elle n'est pas "enrobée". Kyrie est en réalité même très fine et svelte, et ne grossit d'ailleurs que lorsqu'elle est triste ou angoissée, même si cela peut vous sembler loufoque. Par le fait qu'elle ne grossisse qu'en étant triste, bon nombre de personnes s'amusent à dire qu'elle finira par être, très bientôt, un ballon de baudruche. Les gens qui connaissent notre femme de glace ne diront jamais qu'elle prendra du poids en vieillissant, pour la simple et bonne raison qu'elle fait attention à ce dernier, même lorsqu'elle déprime. L'apparence reste toujours maîtresse de son corps, de par sa naissance. Bien sûr, elle ne s'inquiète pas vraiment, elle sait parfaitement que prendre un peu de poids ne serait pas la mer à boire et lui ferait même un peu de bien, mais elle préfère éviter de jouer au yoyo avec son corps, pour éviter de le marquer en prenant et perdant du poids sans cesse. Elle a parfaitement conscience que son corps, après la naissance de ses enfants, a déjà eu une chance incroyable de n'avoir pas été endommagé de la grossesse de faux-jumeaux. Elle ne cachera cependant pas aux autres femmes les efforts, et les nombreuses crèmes qu'elle aura utilisées en espérant que sa peau supporterait ce poids ajouté. Kyrie est, étonnement, très légère. Pas vraiment une plume car ce serait une exagération mais assez légère pour qu'un collégien de dernière année, de force moyenne, puisse la porter sans trop d'efforts, elle qui de son mètre soixante-cinq ne doit, en tout et pour tout, pas peser plus de cinquante-cinq kilos. C'est donc assez simple de porter la mère, ou même de juste l'aider à se déplacer quand elle n'en a pas la force. La boule de neige bouge, certes, mais elle économise, s'avouant parfois prise d'une fatigue certaine. Et cela provoque généralement quelques soucis de mouvements qui engourdissent ses membres et font qu'elle doit quérir de l'aide auprès des autres, généralement son mari assez gentil pour ne pas s'en vexer. Malgré cela, n'aimant pas s'appuyer sur quiconque, certainement par fierté, elle préfère devoir se poser quelque part en poussant ses forces à leur maximum, plutôt que de demander à ce qu'on l'aide à atteindre un banc pour s'asseoir. Elle est donc de constitution faible, et de santé n'ayant aucun équilibre. Cependant ses parents la voient encore comme la fille parfaite, malgré ses faiblesses, probablement parce que son espèce de grandeur d'âme est remarquablement rare. Elle ne déteste pas cela, bien évidemment, mais elle sait parfaitement qu'elle est loin d'être parfaite et que si elle n'avait pas été aussi faible, bien des soucis n'auraient pas été causés.

• STYLE VESTIMENTAIRE : D'un style majoritairement gothique, ou aristocratique, parfois même d'un savant mélange des deux, elle se vêtit souvent de corsets remontant sa poitrine alléchante, de robes d'un style pin-up rockabilly ou bien de tailleurs. A ses oreilles, percées, vous pourriez être un jour amener, malgré sa masse de cheveux, à distinguer des boucles. En général, notre Kyrie met toujours les mêmes, lorsqu'elle les porte, et celles-ci représentent une lune et un soleil surplombant tout deux de petites perles blanches. Quelques fois en jupe au-dessus desquelles elle met des hauts parfois asiatiques, aux motifs floraux et illustrant, non pas rarement, des dragons, la dame est toujours vêtue de manière très féminine, et si elle ne le fait pas, et se glisse dans une chemise d'homme, c'est bien parce qu'elle pourrait s'amuser à se perdre dans la différence de taille entre elle et Shinobu, ou tout simplement pour le taquiner dès le matin. Autrement, elle ne cherche pas a avoir un style très recherché, elle ne se casse pas la tête pour cela, ou alors bien moins que lorsqu'elle habitait encore au manoir de France.

Lorsqu'elle rentre rendre visite à sa famille, avec Shinobu et les enfants, Kyrie vérifie toujours la tenue générale de tout ce beau petit monde, mais aussi et surtout la sienne. Face à ses parents, ses formes se voient joliment soulignées par des robes d'un style victorien, pourvues de nombreux jupons pour certaines, mais aussi plus généralement de dentelles çà et là, ce qu'elle apprécie énormément. Bien sûr, étant une dame, mais aussi et surtout une épouse et une mère, Kyrie ne sera jamais le genre de personne à exhiber ses jambes, ou bien sa poitrine de façon vulgaire. Elle a parfaitement conscience, qui plus est, qu'il est beaucoup plus plaisant pour quiconque d'imaginer la volupté de ses formes plutôt que de se retrouver face à la réalité, bien qu'elle soit très gâtée par la nature. Elle l'avoue sans gêne, ce genre de vêtements est bien celui dans lequel elle se sent le plus à l'aise, ayant été élevée dans ces tissus précieux et délicats. Même si, bien sûr, elle serait prête à s'embarrasser d'idées plus loufoques pour amuser ou séduire encore son mari, lequel semble encore hypnotisé du son régulier de ses talons.


 Histoire • Il était une fois !
 
- Tu aurais certainement du tourner à gauche tout à l'heure.
- Mais non, regarde, le G.P.S est un grand garçon, il m'indiquera la route sans soucis.
- Tu disais ça aussi tout à l'heure, avant que je ne te fasse remarquer que nous étions passer trois fois devant le même panneau.
- S'il te plait, cesse donc d'être aussi pessimiste. Voyons les choses d'un point de vue positif, c'est la première fois que nous sortons en famille sans être conduits par un chauffeur.

Depuis l'arrière de la voiture, assise sagement sur son siège, attachée avec soin, la petite fille regardait le paysage défilé par la fenêtre, flou, vague, trop rapide pour ses pauvres yeux de mortelle. L'impression étrange d'être aussi bien présente qu'absente la fit se questionner. Elle était là, vraisemblablement pas pas obligation, se laissant surprendre et cueillir dans ses réflexions à chaque sursaut qu'avait la voiture pour le peu de bonne apparence de la route. La voix de ses parents lui parvenait comme dans des échos, semblant presque lointaine, alors qu'elle se penchait pour poser le côté de son front contre la vitre. Les sursauts continuèrent, frottant sa peau contre la matière dure, la rougissant légèrement. C'était là bien loin d'être agréable, mais elle avait besoin de se reposer un instant, la tête alourdie et fatiguée par les heures de route déjà passées. Elle n'avait pas dormit, contrairement à ce qu'avaient certainement attendu ses parents, s'était contenter d'observer le silence, ce silence presque religieux qui se fendait parfois pour de brefs dialogues sans réels importances. Ses parents n'étaient pas comme elle, elle le constatait alors parfaitement. Ils avaient besoin de parler, de s'exprimer, de ne pas laisser le silence en dire plus que leurs mots et leurs visages embêtés. Encore une malformation de la route, encore un sursaut, encore un frottement au côté de son front. Un soupir las s'enfuit d'entre ses lèvres rosées. Quand arriveraient-ils enfin à bon port ? Elle détacha son front de la fenêtre, remarquant alors seulement, à l'air de l'intérieur de la voiture qui se glissait contre elle, que celle-ci avait été plus froide que le reste. C'était bien peu, mais cette observation eu le mérite d'occuper son esprit quelques secondes. Pour passer le temps, ennuyée, dans le silence qui avait reprit sa place dans la machine mouvante, elle glissa une main dans le sac à ses côtés et en extirpa un vieux livre, de ceux qui possèdent des reliures dorées, de ceux qui ont les pages jaunies et vieillies par le temps et qui, en se tournant, soulève une odeur indescriptible du passé. Elle lu, lu, longtemps, tant plongée dans ses lignes droites qu'elle n'entendait même plus la voix de son père demander courage à sa mère. Elle ne les entendait plus du tout. Quelque part, c'était tant mieux, car les adultes devant commençaient à s’impatienter, à s’effriter, à se provoquer de regards torves et empoisonnés. La voiture s'arrêta après encore une bonne heure, si ce n'était pas deux, de route. En constatant que le paysage par la glace avait cesser de rouler sur lui-même, se dévoilant, elle quitta complètement sa lecture et rangea son lire dans son sac. La porte s'ouvrit alors qu'elle s’apprêtait à poser la main sur la poignée. Son père avait déjà fait le tour, ouvert à sa mère en premier lieu, puis à elle ensuite. Elle descendit donc simplement, lentement, pour regarder ce qui s'offrait à elle. Une grande maison, qui avait des airs de manoir, s’élevait devant elle comme une forteresse. Elle se sentit petite, misérable, mais se décida à ne pas trop y prêter attention, suivant de son pas résonnant sur les dalles de l'allée les pas singuliers de ses parents. Sa mère marchait du bout des pieds, souhaitant certainement ne pas rencontrer plus que nécessaire les dalles et ses chaussures à talons, pour ne pas se tordre la cheville. En remarquant ce léger détail, la petite ne pu s'empêcher de glisser un léger sourire moqueur à ses lèvres. Les adultes et leur science de l'apparence.

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Cela faisait quelques jours déjà qu'elle était revenue de ses vacances dans cette grande maison à moitié vide. Des gens bougeaient de droite à gauche devant, dans un parc de jeu auquel Kyrie n'avait jamais prêter réellement d'attention. En réalité, c'était simplement son bruit constant au matin qui l'agaçait alors qu'elle se posait près de sa fenêtre pour lire tranquillement. Revenir à la bonne vieille maison de campagne d'Ailly-sur-somme, avec ces lieux qu'elle connaissait par cœur, était pour elle un réel soulagement. Les vacances, ennuyeuses, étaient finies. Ce serait bientôt le retour à l'école. Pour les enfants normaux. Mais bien évidemment pas pour elle. Dans cette maison charmante, plantée au milieu d'un village peuplé principalement de personnes âgées, venait tout les jours de la semaine, ou presque, un précepteur qui enseignait tout son savoir à la jeune âme dévoreuse de connaissances. Elle mangeait un à un les ouvrages que cet homme posé lui donnait. En s'installant dans l'un des salons, côté à côté, l'élève et son instituteur démarrèrent la leçon quotidienne. Pourtant, le cours fut vite interrompu. Quelques minutes à peine après son départ.

- Mademoiselle ?
- Oui maître ?
- Où avez-vous été pendant les vacances ? Peut-être pourrions-nous écrire quelque chose sur cela ?
- Je refuse. C'est personnel. Pour une telle idée, adressez-vous à monsieur mon père. Reprenons la leçon, maître.

C'était toujours plus ou moins ainsi. Le reste de la leçon se passa dans un silence funèbre. Lorsque le précepteur s'en alla, une soudaine fureur s'empara de la petite. Son corps entier se mit à bouillonner. Tout le cours durant, elle avait tenter d'apaiser sa main qui, au sang qui frappait à ses tempes, remuait comme si elle avait voulu écrire plus vite que ses pensées, en une écriture comme allégée et tremblante. Le stylo traversa la pièce, finissant par s'écraser contre un mur avant de chuter sur le sol. C'était irritant. Les précepteurs n'étaient jamais là pour communiquer leur savoir. Tous avaient tenter au moins une fois de soutirer des informations à la petite. Elle s'assit sur le rebord intérieur d'une fenêtre, profitant du fait de n'être qu'au rez de chaussé, prenant une grande bouffée d'air. Ses poumons se gonflaient, se dégonflaient, sa respiration redevenait régulière, son sang s'irriguait à nouveau normalement à travers ses veines. La colère. Elle détestait cette émotion. Elle qui était une enfant si posé à l'accoutumé... Elle descendit du rebord de la fenêtre, sortant du salon pour aller vagabonder un peu dans la maison, se poser çà et là, à ses envies, l'esprit encore dans le vague. C'état bien son habitude, d'être toujours un peu ailleurs, de se glisser dans ses pensées compliquées mais à leur façon mirifiques. Elle s'arrêta finalement de remuer dans sa chambre, se laissant tomber en arrière sur ses draps, comme au milieu de nuages amortissant sa chute pesante. L'horloge, une très vieille comtoise, appuyée contre le mur près de son bureau, jouait de son rythme las, ancien, comme fatiguée par le temps lui-même. Elle semblait en dehors des époques pourtant, dans son authenticité remise en question. Son tic tac nerveux se répandait comme avec un léger écho dans le silence de l'appartement assignée à la petite demoiselle. Ses yeux se fermèrent, avec lenteur, sur leur fatigue jusqu'alors dissimulée et camouflée par son traditionnel air désintéressé. Le sommeil la saisit brusquement, sans crier gare, et elle se laissa emporter par la divine étreinte de Morphée.

Elle avait l'impression de flotter dans les airs, au beau milieu des cieux, ses cheveux comme des rideaux de neige ondulant dans le vide autour d'elle, roulant encore sur eux-même. De grandes mousses blanches, semblables a de gigantesques barbe à papa lui faisaient face : des nuages. Une grande étendue bleue paressait au-dessus de sa tête, illuminée, lui faisant plisser les yeux à sa vue. Ce ciel qui s'offrait à elle tout entier ne pouvait pas être réel. Après tout, ce n'était pas normal de surplomber ainsi les nuages, de voler sans ailes et sans les mouvements frénétiques caractérisés des volatiles. Elle sourit légèrement, le cœur joyeux. C'était un délice qu'elle se permettait seulement dans ses songes, redevenant en eux l'enfant qu'elle n'avait presque jamais eu le temps d'être. Elle s'accrochait à son existence paisible, à cette personnalité qui n'avait jamais été sincèrement la sienne. Elle s'accrochait désespérément, à l'aide de ses mains tremblantes ne saisissant jamais assez longtemps ce qu'elle souhaitait retenir du plus profond de son cœur. Elle avait déjà perdu de nombreux amis, de nombreuses personnes auxquelles elle tenait. Si elle avait un précepteur, c'était bien parce qu'elle était décrochée de la scolarité normale. Auprès de ses parents elle avait prétendue s'ennuyer là-bas, avec son niveau supérieur à ses camarades. Mais en réalité, elle se sentait juste mise à l'écart. N'avaient pas été rares les fois où elle était rentrée à la maison couverte de bleus, le regard fixant droit devant elle, semblant totalement égale à ses blessures. En secret, des richesses de sa famille, de sa propre mentalité, elle se sentait distante de tout. La chute arriva, inévitable, imprévu, lui arrachant une plainte longue et aigu s'éternisant entre les nuages. Le ciel avait basculé, brusquement. Son bleu d'azur était devenu épais voir d'un bleu marine, sombre et moucheté de quelques étoiles éparses, répandues comme par enchantement sur toute sa place. La lune, au paroxysme de son hypocrisie, hissée sur le firmament comme un arc brandit, semblait se moquer d'elle, la toisant de la hauteur de sa présence. Non, c'était fini. Le beau rêve allait disparaître. Sa chute vertigineuse lui arracha un torrent de larmes inaltérable. Nombre de sillons salés glissaient sur la peau tendre de son visage, la rougissant, la détruisant peu à peu. Les étoiles tombèrent une à une, métaphore emportée de ses rêves abandonnés, de ces espoirs en lesquels elle ne souhaitait plus croire. Le monde entier était corrompu par sa propre existence. Et bien qu'en elle elle n'ai pu que l'expliquer avec des mots simples, elle le comprenait parfaitement. Ses yeux s'ouvrirent en grand dans le monde de la réalité, la sortant brutalement de son rêve. Ce qu'elle venait de voir pour se réveiller aussi précipitamment ? Quelque chose d'effrayant, beaucoup plus réaliste que les habituels monstres des cauchemars d'enfants. Une svelte silhouette noire, à contre-jour, possédant des yeux luisants comme des lucioles. Oui, vous aurez deviner : un chat.

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- Kyrie ? Kyrie où es-tu ? Kyrieeee ? Ohohw, fais attention, je vais te trouver !

Sa respiration lui brûlait la gorge, roulant à l'intérieur de celle-ci avec une certaine vitesse furieuse. Oui, ce souffle sulfureux asséchait ses lèvres, l'obligeant un instant à passer la langue sur celles-ci pour les humidifiées légèrement. Sa voix, pourtant toujours si clair bien que douce, ne sortait pas, sa gorge trop serrer par la soif. Ça lui était égal. Il ne fallait simplement pas qu'il l'attrape. C'était important. Elle sortit de sa cachette, courant de celle-ci à une autre, le cœur sur le point d'exploser tant il tambourinait contre sa cage d'os. Ses cheveux roulèrent dans l'air à ses mouvements précipités, désordonnés, brefs. Depuis plusieurs minutes déjà, il la poursuivait, l'alertant de sa présence généralement non lointaine à l'aide de sa voix portante, pour ne pas dire gueularde. Elle lança un regard noir sur l'endroit où elle savait qu'il était. Il ne tarderait pas a la trouver si elle ne bougeait pas. Elle se faufila encore entre les grandes étagères remplies de livres tout aussi vieux les uns que les autres. Heureusement pour elle, l'endroit était assez sombre, elle pouvait se déplacer entre les rayonnages sans vraiment avoir peur d'être attrapée. Pourtant, à un moment, dans sa précipitation, elle trébucha. Son corps fin, simplement recouvert d'une robe d'été blanche, s'étala sur le sol froid. Il la rattrapa alors, se reprochant de plus en plus alors qu'elle essayait de se relever comme elle le pouvait, un genou douloureux.

- Mince, ça va Kyrie ?, fit la voix qui avait changé de ton, passant du ton menaçant d'un prédateur au ton réconfortant d'un ami.
- Hum, oui, je vais bien.
- Tu es sûre ? Je crois que tu saignes.
- Non, ce n'est qu'une égratignure.
- Allons allons, sois raisonnable. Rentrons te désinfecter cette petite blessure. Nous reprendrons le jeu plus tard, d'accord ?
- Entendu. Mais dans ce cas, nous en profiterons pour s'occuper aussi des tiennes.

De longs cheveux noirs, attachés en une fine queue de cheval sur un épaule. De grands yeux à la couleur singulière de la lavande. Les lèvres fines du jeune garçon s'étirèrent dans un sourire. Aujourd'hui, c'était l'anniversaire de Kyrie. Son 10ème anniversaire. Et ce garçon avec lequel elle jouait avait été rencontré seulement quelques heures auparavant, lors de la réception donnée par les parents de la petite demoiselle. Tout deux s'ennuyaient à mourir au milieu de cette foule d'adultes ne cessant de leurs tirer les joues sont prétexte qu'ils étaient adorables. C'était les suppliciés. Et pourtant, cela ne semblait déranger personne, que la personne importante de l'événement soit bien la première à ne pas s'y amuser. Pour cela, même avec sa maturité avancée, la jeune demoiselle prit la poudre d'escampette, se faufilant habilement entre les invités, l'air de rien. C'était vraiment enfantin, irréfléchi, mais elle s'en moquait bien. Personne ne se rendit compte de sa fuite discrète, la petite réception à la maison se poursuivant. Elle se posa sur l'herbe du jardin derrière la maison et se mise à regarder le ciel. C'était lassant, en réalité, d'être toujours seule. Seulement, elle ne parvenait pas à sortir du mutisme qu'elle avait dès qu'elle rencontrait quelqu'un de son âge ou d'à peu près celui-ci. Elle sentait différente, réellement. Son corps entier se laissa tomber, lentement, lourdement, au milieu de l'herbe, ses cheveux venant dessiner de grands cercles entre les brins, de leur couleur de nacre. Ses yeux vairons fixèrent l'étendue qui déjà s'assombrissait. La réception durait depuis le matin tout juste levé et n'était pas prête de se finir. Elle avait donc tout son temps pour faire une pause dans ce bruit bourdonnant. Pourtant, son repos fut de courte durée. Rapidement, un bruit de chute se fit entendre, ainsi qu'un râle lourd et plaintif. Quelque chose, ou plutôt quelqu'un, venait de tomber d'un arbre devant elle, signifiant la limite entre le jardin et la continuité de celui-ci qui se fondait dans un petit bois appartenant à sa famille. Le petit être, tout de même plus grand et certainement aussi plus âgé qu'elle, se redressa, lui adressant un regard étonné puis confus. Un chat s'était roulé dans ses bras, tremblant presque, plantant ses griffes dans sa chair fine, laissant couler par endroits des filins écarlate. Kyrie, avec sa peur divine et insurmontable des félins préféra garder ses distances. Pourtant, elle devait lui venir en aide, dans son statut de fille de bonne famille, pour ne pas salir le nom de celle-ci. Elle se releva complètement et s'approcha du jeune garçon. Il était bien vêtu, de tissus presque précieux, ce devait être le fils de l'un des invités. Malgré cela, elle ne comprenait pas ce qu'il avait pu aller faire dans cet arbre. Au regard dubitatif qu'elle lui lançait, le jeune énergumène décida d’emboîter sa parole en répondant directement.

- C'est que... Heu... hum... Voyez-vous, ce chaton s'était coincé dans l'arbre, il n'était pas capable de redescendre..., bafouillait-il.
- Alors vous avez eu l'idée d'aller à sa rescousse ?
- Oui, exactement. Mais ce chenapan me lacère presque les chairs pour une si petite frayeur.
- Bien, je comprends mieux me semble t-il. Venez, que l'on aille désinfecter cela.
- Oh non non non, ne prenez pas cette peine ! J'ai deux chats au domaine, de véritables furies, je connais donc bien cette douleur-là, elle m'est égale.
- Mais cela pourrait s'infecter. Vraiment, s'il vous plait, venez avec moi.
- Hum, si cela peut vous rassurez, mademoiselle.

Finalement, ils n'allèrent jamais désinfecter ces légères blessures. Ils avaient discuter en bougeant dans la foule qu'il avait rejointe, cherchant à pouvoir atteindre l'un des salons calmes. En route, ils s'étaient même entendus sur le fait de se tutoyer. Après tout, le jeune garçon n'avait qu'un an de plus qu'elle, pour ce qu'elle apprit sur lui. Il était effectivement le fils d'un invité, le fil d'un des associés et vieil ami du père de la petite demoiselle. Arthur, Arthur Duroy. Elle se promettait de retenir ce nom, certaine qu'un pareil début d'amitié pourrait peut-être lui être utile dans le futur, lorsqu'elle reprendrait une partie des affaires familiales. Les deux fugitifs des festivités se glissèrent donc dans la bibliothèque, l'une des pièces les plus anciennes de la maison, remplie d'objets et de livres l'étant tout autant. C'était donc instant qu'ils avaient terminer a jouer tout deux à chat au milieu de cet endroit calme, parfois occupé par quelques de leurs paroles, brèves. Malgré cela, au final, oui, ils étaient tout deux bien amochés. Le jeune Arthur avait encore les griffures du chat aux bras et Kyrie venait tout juste de s'égratigner le genou. Quelle belle brochette d'imprudents. Ils durent cesser leur occupation, un sourire complice aux lèvres tout deux, fières et heureux d'avoir partager un moment si amusant ensemble, pour filer discrètement à l'une des salles de bains. Ici, personne ne les retrouverait directement, ils avaient le temps devant eux pour se soigner. Alors que le désinfectant en spray les picotait, ils ne pouvaient s'empêcher de rire de bon cœur, gagné soudainement par le contentement d'avoir fait une bêtise en secret. La partie moins drôle fut quand ils revinrent à la réception. Certes, tous les trouvaient adorables, à se tenir par la main, Arthur faisant les premiers pas et Kyrie le suivant presque timidement. Mais les parents n'étaient pas du même avis. Ils séparèrent leurs enfants, se demandant pardon entre eux pour leur tenue irresponsable. Après le départ de la plupart des invités restèrent encore un peu les membres de la famille Duroy, les parents d'Arthur et la sœur aînée de celui-ci, alors âgée de 15 années perdues dans sa robe trop ample pour elle, lui donnant une apparence toute ronde. Avant que les derniers compagnons ne partent, Arthur vint encore tenir la main de son amie, profitant que ses parents discutent encore un peu en s'étalant en remerciements.

- On remettra ça, hein ?, demanda t-il avec un léger sourire taquin.
- Pour sûr.

Kyrie, les joues rosies d'une joie qu'elle ne pouvait contenir, s'empressa de déposer un baiser affectueux sur la joue de son opposant. Une certaine amitié s'était tissée entre eux. Ils s'étaient reconnu l'un l'autre, dans leur monde sans couleurs, décidant d'un commun accord de sortir leurs crayons pour le repeindre comme un nouvel arc-en-ciel. Leur solitude partagée, de ces moments où ils ne se connaissaient pas encore, leur semblait avoir disparue. Ils s'appréciaient, se plaisaient, dans les jeux de bonne et franche enfance qu'ils avaient fait ensemble. Connaissances, amis, par la suite amants. Leurs parents devaient l'avoir deviner, aux regards tendres qu'ils leur jetaient lorsqu'ils se retrouvaient enfin. Les mois passaient, avec si peu d'occasions pour eux de se revoir. Pourtant, dans ces moments, dans ces toujours intenses retrouvailles, ni l'un ni l'autre ne s'empressait en paroles, se lançant simplement dans une course dans l'herbe, mêlant leurs rires aux chants des oiseaux témoins de la naissance de leur amour chaste. C'était ainsi. Ils grandissaient, lentement, côté-à-côté, entremêlant les doigts de leurs mains dans les moments de peines ou de difficultés. Et, de ces moments-là, bien malheureusement ils en traversèrent. Tout d'abord, la mère d'Arthur, Andréa, mourut d'un tragique accident de voiture provoqué par son chauffeur, un homme que tous pensait calme et respectable. Un homme qui avait aussi reçu une "respectable" somme d'argent pour cette action. La suite ne fut pas mieux. Clément Duroy commença a tomber dans une dépression sans nul égal, détruit par la perte de sa femme, ne parvenant pas à se pardonner de n'avoir pas partager son chauffeur, le sien étant un homme dont on ne doutait absolument pas, au service de la famille depuis longtemps, avec elle et de l'avoir par conséquent laisser à portée de main de vils personnes, bien qu'il ai été de sa décision à elle de prendre chauffeur à part, comme pour être plus indépendante. Sa déprime se changea en rage, en fureur, il fut décrit "instable" par le médecin le suivant. Il brisait des objets, les lançant de toute sa force. Il dépérissait, dans ce monde duquel l'on avait ôter son rayon de soleil, une nuit interminable débutant. Arthur, qui avait toujours été un enfant très sensible, devint fragile à son tour. Lorsque la situation se calma, que de nouveau le pour peu raisonnable Clément Duroy reprit ses esprits, Kyrie en fut rassurée. Arthur, lui, restait septique, peu confiant. Trois ans s'écoulèrent ainsi, variant entre joies et peines, soutiens et coup-bas. Trois ans, en somme, mit à part le décès de la dame Duroy, plutôt normaux. Kyrie, qui aimait tant lire, s'attacha encore plus à sa passion, se privant parfois de tout contact pendant une journée pour pouvoir lire dans son calme, fermée dans un mutisme qui, même s'il n'était pas totalement inhabituel, étonnait encore les gens. L'on félicitait énormément son père, Félix Rocheliodel, de l'éducation irréprochable de sa fille unique. En le remarquant, la jeune fille se referma encore un peu plus sur elle-même, mal dans sa peau, se questionnant sur son caractère, s'intriguant, se demandant si elle avait toujours été ainsi, si elle se serait sentie plus heureusement en agissant autrement. Finalement, Kyrie aurait peut-être du un peu plus profiter de ces trois années de paix, de sérénité. En profiter autrement qu'en se plantant entre les plages ou en remplissant sa tête de questions existentielles. Parce qu'après cela, les cinq prochaines années allaient être bien difficiles.

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Le froid. Le silence. La solitude. Jamais Kyrie n'avait pu s'en débarrasser. Quelque chose chez elle semblait appeler cette forme de misère qui privait ses beaux yeux vairons d'un éclat joyeux. Pendant cinq longues années, elle n'avait fait qu'étudier, envoyée loin de ses parents dans un établissement perdu dans un coin tout aussi perdu du globe. Un établissement où les risques étaient grands de ne jamais en revenir, ou tout du moins dans le même état que lorsque l'on y était arrivé. Parce qu'elle était une sorte de monstre après tout. Plusieurs fois, la jeune demoiselle s'était évanouie, de violents coups électriques la coupant de la réalité en la faisant basculer dans les mémoires d'objets mais pas seulement. Elle avait été capable de faire cette sorte de tour de magie qui poussait les gens à rentrer dans leurs souvenirs. Ainsi, involontairement, avait t-elle déjà retourner sa femme, grande et délicate femme, d'un simple toucher, dans son corps d'enfant, la plongeant dans un souvenir qu'elle revivait comme elle avait su le vivre le premier jour, sans pour autant pouvoir y bouger à son aise. Elle avait regardé cette scène, comme de l'extérieur, pourtant aussi bien que si elle avait toujours été présente, réalisant avec terreur qu'elle n'avait pas grand-chose d'humain. Et pourtant même si ses parents étaient semblait-il être eux aussi des êtres uniques pourvus de pouvoirs, ceux-ci n'avaient pas pour autant ce genre de capacité ! Inquiets pour elle, dans leur impuissance à l'assister dans l'apprentissage du contrôle de son don, ils l'envoyèrent donc à cet endroit où les scientifiques étaient légion, attendant la faille pour avoir une raison de démembrer cette frêle enveloppe charnelle pour en examiner les moindres recoins. Bien évidemment, Monsieur et Madame Rocheliodel ignoraient tout de cette partie de l'établissement, mais Kyrie, trop effrayée à l'idée de leur refaire du mal, se contenta pendant longtemps d'être silencieuse, de ne pas parler plus que nécessaire, s'enfermant encore dans la lecture comme unique barricade aux atrocités qui l'entouraient.

Ses dix-neuf ans arrivés, elle sortit de l'académie, avec la chance d'avoir fait partie des gens tombés sur de bons scientifiques. L'un d'eux, dont elle ignorait pourtant encore jusqu'au nom, lui avait apprit à canaliser son don très influé par ses émotions souvent à fleur de peau sous cet air impassible. Et elle se surprit à grandement l'apprécier, suffisamment pour continuer de le voir même après avoir quitté cette drôle d'école pour la ville à son entour, félicité par son père par la succession d'une librairie qu'il avait reprise pour l'occasion. L'étudiante devint alors propriétaire d'une boutique dans le centre-ville, une boutique que les habitants des environs semblaient avoir oublié, et le travail pour la remettre au goût du jour fut une dure opération, très fastidieuse. Kyrie, qui ne voulait pas blesser ceux qui avaient du connaître la librairie dans sa première vie, garda la plupart des meubles qui y étaient encore présents, cédés par leur ancien propriétaire, et les dépoussiéra, trouvant un charme renversant à leur présence qui donnait à ce lieu autant qu'à ses livres un air de forteresse d'un autre temps. Par ce simple fait, elle qui était jeune mais ne bousculait en aucun cas la vie qui coulait paisiblement la petite ville, elle fut rapidement acceptée par ses aînés qui, pendant longtemps, ne se doutèrent absolument pas de son anormalité.

Et, sage, Kyrie mena ainsi pendant près d'une année une vie paisible, elle qui en rêvait temps, une vie où elle pouvait sortir à la rencontre des paysages idylliques, l'endroit étant placé dans un panorama imprenable ailleurs. Et c'est aussi pendant cette année qu'elle fit sa rencontre. L'air autour d'elle changea, sa voix s'adoucit, on la surprit même parfois à sourire dans le vide, une ambiance enchanteresse autour d'elle attirant quelques personnes à venir lui parler. Et elle répondait encore avec cette politesse distante, mais bien moins qu'avant, comme la promesse silencieuse que si la personne en face d'elle continuait à parler, elle en ferait de même. Les gens lui semblèrent devenir intéressants, tous aussi différents qu'ils l'étaient. Et tout cela, ce fut grâce à lui. Grâce à cet homme qu'elle avait repêcher et emmener à l'hôpital après une bagarre futile dans un bar où lui et son opposant avaient brisés tables et verres. Le colosse, si grand qu'elle avait tout d'abord pensé impossible de lui venir en aide, eu la finesse de se soutenir le plus possible et, sa curiosité piquée, elle ne put s'empêcher de rester à son chevet lorsqu'il fut alité. Après s'être réveillée d'un sommeil qui l'avait fort embarrassée, ils avaient converser de choses et d'autres, se découvrant une passion commune et si incroyable pour la lecture, le théâtre, les arts sous toutes leurs formes. Ainsi, ils lièrent amitié. Et, sans prendre garce à cette absence de distance entre eux, Kyrie fondit dans des sentiments qu'elle pensait avoir profondément enfouis depuis qu'elle avait du dire à Dieu à Arthur en partant pour cet endroit égaré.

Elle pensait à lui, et ce souvent. A la librairie, chez elle à l'étage de la boutique, parfois même pendant ses balades. Elle espérait qu'il revienne lui parler, qu'il la regarde encore, juste pour sentir son cœur accélérer de ce rythme qui lui donnait l'impression d'être vivante à nouveau. Malgré tout, tant d'angoisses l'agitaient aussi. Et s'il aimait déjà quelqu'un ? Et que diraient les parents de la noble ? Kyie était secouée par un flot de pensées qui faisaient rougir ses joues, qui nichait dans ses yeux la confusion d'une vie persistant à exister, persistant face à la tumulte de son existence. Il apportait tant de doutes avec lui, tant de doutes qu'elle ne savait écarter, qu'il lui arrivait parfois de songer à l'envie de le fuir. Une envie qui était si souvent balayée lorsque la voix du grand homme lui parvenait aux oreilles. Et malgré son calme apparent, elle aimait tant ces moments qu'ils passaient ensemble. Bien vite, leur amitié passa un cap. Dans une soirée calme, la libraire s'était rendu au théâtre, habillée avec soin et parée de cette parure de simplicité attirante que toutes avaient du oublier avec leur vertu quelque part sur les marches ou dans les voitures, et elle l'y croisa. Lorsque la pièce fut achevée, ce fut dans un couloir, loin des regards indiscrets, après quelques mots, qu'elle offrit à ce colosse de tendresse leur premier baiser partagé. Même si son cœur battait à tout rompre, elle savait qu'un sentiment en elle avait fait table rase sur tout ses doutes. Un sentiment bien plus grand qu'elle. Un sentiment qui lui faisait perdre la tête avec ivresse, qu'elle ne savait plus arrêter et qu'elle se surprit même à ne pas vouloir arrêter. Des caresses, des cajoles, il en fut flot, ras-de-marée sur elle, mais elle s'y laissa faire avec délice, son esprit tournoyant autour de ce centre qu'était devenu Shinobu au fil des mois. Comment ne pas l'aimer ?

Les mois passèrent, les années, et désormais Shinobu dormait plus souvent chez la belle noble qu'ailleurs, principalement parce que lorsqu'il y venait, elle ne le laissait pas repartir, se noyant avec lui dans une tendresse infinie qui les liaient tout deux de plus en plus étroitement. Et même si Kyrie savait aimer, même si son calme et son froid ne lui avait pas interdit quelques découvertes, elle en restait cependant encore très sage face à celui qu'elle aimait et qui semblait en savoir plus qu'il n'y paraissait dans les choses de l'amour. Dans le silence, ce cocon confortable qu'était l'appartement qui était devenu le nid de leur amour partagé, elle répandit son parfum sur un homme, découvrant ce sentiment de s'offrir à quelqu'un par amour, non pas sans crainte, mais avec assez de courage pour surpasser celle-ci. Et ce fut une grande étape, elle le savait, aussi bien pour elle que pour le japonais. Malgré cela, une part d'ombre s’immisça encore peu à peu dans son esprit. Et si la vie venait à se nicher dans son ventre ? Elle n'ignorait rien du pouvoir de son amant, tout comme lui n'ignorait rien du sien, mais elle n'osait pas imaginer ce qu'un enfant entre eux pourrait donner. Et cet instinct maternel si longtemps resté enfoui au fond d'elle, se réveillait avec le peur de donner la vie à un être que la société ne saurait accepté sans l'en mettre en danger. [ Suite & Fin au prochain post. ]


 © Halloween
 


 


 
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MessageSujet: Re: Kyrie L. Kawayashi || La douceur d'une mère, la tendresse d'une épouse, la volonté d'une femme. Mer 20 Jan - 1:46
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Suite & Fin de l'histoire.


Bientôt, la journée la plus éprouvante de la vie de la française arriva. Ce jour presque décisif. Le jour de la rencontre avec la famille de Shinobu, avec lequel elle songeait très sérieusement à se marier. Et comme sa famille était de la noblesse, il fut décidé que Kyrie serait la première à rencontrer la famille d'en face, comme pour pouvoir soutenir ensuite Shinobu face à un père qui ne laisserait pas sa fille à n'importe qui. Elle craignait bien moins sa mère, avec lequel elle avait progressivement reprit le contact, et qui attendait si souvent de ses nouvelles aussi bien que de celles de son conjoint, mais elle savait que malgré cela, rien ne serait une partie de plaisir. En prenant une grande inspiration, elle se rappelait que rien ne saurait arrêter l'amour qu'elle portait à ce grand homme, dans la main duquel se trouvait encore sa main à elle. Il la regarda, comme soucieux, et déposa sur ses cheveux un doux baiser auquel elle répondit par un sourire. Il n'y avait rien à craindre, il était près d'elle. Tout irait forcément bien. Alors qu'il poussait la porte pour venir embrasser les joues de sa mère, une petite dame dont le visage radiait de bienveillance, et de son père adoptif dont Kyrie avait tant entendu parler, celle-ci s'appliqua à s'incliner dans le bon angle de la façon japonaise, tentant de se plier aux coutumes locales. Le voyage avait été relativement long entre leur petite ville et la ville où habitaient la famille, mais pendant celui-ci la française avait été suffisamment consciencieuse pour revoir les bonnes manières japonaises. Ainsi, elle ne vint pas embrasser les parents jusqu'à ce que ceux-ci, bien vite d'ailleurs, l'y invite. Les discutions furent simples, mais pas futiles pour autant, et bientôt le petit groupe se retrouva autour de la table pour le repas auquel avaient été conviés les amoureux. Un bruit dans les escaliers, précipité et lourd, glissa dans l'esprit de Kyrie la plus vive appréhension de ce moment. Sayame.

Ladite personne, de longs cheveux attachés en couettes hésitants entre une forme de blond presque platine et un rose plutôt voyant, ondulèrent dans l'air alors que des yeux pâles, inquisiteurs, se figeaient sur elle. Presque aussitôt, Kyrie fit bouclier d'un sourire poli et sans arrière-pensée, tentant de ne pas se fier à l'apparence de Sayame, bien que Shinobu lui ai dit plus d'une fois que son physique très refait était la définition même de son esprit. Sans baisser son regard, la belle français prit son courage à deux mains pour, accompagnée d'un mouvement de tête de la mère Hanae, se lever de la table où le repas n'avait pas commencé pour s'approcher de sa future belle-soeur. Alors qu'elle s'apprêtait à lui faire la bise, la japonaise qui ressemblait plus à une sorte d'adolescente européenne sous le joug de la popularisation des mangas, s'empara d'une poigne énervée de la poitrine de son opposante. Kyrie, qui s'était figée de stupeur, se recule d'un pas vif, ses grands yeux vairons ouverts avec stupéfaction alors que son conjoint se levait en tempêtant contre sa sœur aînée.

- Shinobu ! Avoue ! Tu vas avec elle parce qu'elle a plus de seins que moi !

Elle se sentit très mal alors qu'Hanae, l'air en colère, l'envoya retourner à l'étage en levant la main, visiblement éhontée du comportement de sa fille. Kyrie se retourna calmement, sentant encore sur sa poitrine cette emprise qui lui avait presque fait mal et sourit d'un air quelque peu embêté, bien que pas farouche pour autant. Elle savait qu'il ne serait pas possible pour elle d'être acceptée par tout le monde. Surtout quand Sayame faisait partie de ce "tout le monde". Shinobu lui avait longuement parlé du comportement de celle-ci pendant son enfance, et bien qu'elle ne soit pas à l'aise avec ce fat, Kyrie ne comptait pas abandonner pour autant la personne qu'elle aimait. La journée fut longue, et si Sayame n'assista pas, elle se résolut à assister au souper pour s'éviter d'être courroucé pour ne pas manger la tourte d'Hanae. Alors que tout les quatre Kawayashi discutaient entre eux, elle perdit son regard dans le vague, un petit sourire aux lèvres. Alors c'était ça, une véritable famille normale. Une main de Shinobu se posa contre sa cuisse, sous la table, comme pour la garder avec lui dans cette réalité et, tournant la tête vers lui, elle sourit d'un air amusé, son visage aux traits fins s'illuminant d'une gaieté certaine. Quelle drôle de journée, mais quelle bonne journée malgré tout. En comparaison, elle savait que sa famille serait bien plus banale, et qu'en dehors de l'interrogatoire qu'allait certainement devoir subir Shinobu auprès de son père, rendre visite à sa famille serait bien moins palpitant. Mais peu importait, elle serait tout de même heureuse de retrouver ses parents, eux qu'elle n'avait pas vu depuis si longtemps.

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Le grand jour arriva enfin. Elle avait rencontré la famille de Shinobu, lui la sienne. Et après des mois de préparatifs, qui avaient fait suite à des mois de réflexion, depuis maintenant quelques années qu'ils étaient ensemble, Kyrie choisit de prendre le nom de son conjoint. Shinobu Kawayashi allait devenir son mari. Son bouquet entre les mains quelque peu tremblantes, elle fixait son reflet dans le miroir, avec appréhension. Son cœur battait si vite qu'elle avait l'impression de le sentir aussi bien à ses tempes que dans son ventre, et elle avait si peu confiance en ses gestes qu'elle craignait de lâcher les fleurs avant le moment de réellement le faire pour montrer qui se mariera ensuite. Pourtant, un bonheur impossible à mesurer vivait en elle, résonnait dans son esprit, noyait son esprit sous toute cette magie qui inondait le lieu qui avait été choisi avec soin, et décoré avec tant de minutie qu'absolument rien semblait-t-il n'avait été laissé au hasard. Son père allait la mener jusqu'à l'autel, sous les regards des invités, et elle ferait ce serment de fidélité, une fidélité qu'elle n'avait déjà jamais brisée, et qu'elle comptait bien respecter jusqu'à la fin de cette vie. Ses cheveux de neige noués dans un chignon qui libérait les coins de son visage et offrait toute la vue sur ses yeux vairons. En libérant l'une de ses mains, elle fit tomber, devant son air de presque princesse dans sa longue robe blanc, ce voile de mariée aussi blanc que l'ivoire. Son père tenait à cette tradition mais, il fallait l'avouer, elle lui trouvait elle-même son charme, priant aussi en secret pour que ce rideau de tissu sache cacher les larmes qu'elle était certaine de ne pas être capable de retenir. Elle prit une grande inspiration et, repoussant d'une main sa traîne, sortit de la pièce, son père l'attendant devant la porte.

En la voyant, il ouvrit un peu plus ses yeux bleus, traduisant une fierté qu'il ne savait exprimé autrement que dans cette réaction, dans un faible sourire que cette noble avait attendu toute sa vie. Aujourd'hui, elle se mariait. Pour la première et unique fois de sa vie, elle le savait.Elle prit le bras de son père, et ainsi ils démarrèrent la marche dans le couloir où quelques personnes étaient encore, dont sa mère qui pleurait d'avance de voir sa fille unique et tant chérie arrivé au jour de son mariage. Kyrie, pour sa part, tentait de son mieux de ne pas faiblir sous le trac, marchant lentement pour avoir la certitude de ne pas se briser sur ses talons. Toute la journée de la veille, elle avait appréhender ce moment, l'attendant pourtant aussi avec tant d'impatience que les minutes lui semblaient être devenues des heures, et les heures des jours entiers. La nuit, pendant laquelle elle avait été séparée de son futur mari pour encore plaire aux traditions, elle l'avait passé en grande partie accoudée au rebord de sa fenêtre, l'esprit trop occupé pour qu'elle puisse trouver le sommeil. Elle craignait tout et n'importe quoi, voire surtout n'importe quoi en réalité, mais il lui était totalement impossible d'y échapper. Et bien qu'elle se sache grandement capable de marcher avec des talons, elle avait été agitée pendant de longues minutes par la pensée de risquer de se tordre la cheville. Sa mère vint à son côté, quelques instants, vérifiant avec précaution que sa coiffe ne se défasse pas et, posant finalement ses mains sous le voile qu'elle soulevait quelques instants, entrapercevant les larmes de sa fille, vient poser son front contre le sien.

- Tu n'as rien à craindre ma chérie, le plus beau jour de ta vie ne peut connaître aucune embûche, tu l'as bien trop attendu pour cela., lançait la femme qui avait été habillée pour l'occasion d'une somptueuse robe d'un vert pâle.
- Mère... Je suis tellement heureuse que vous puissiez être là, que vous ayez bien voulu faire tout ce chemin... En espérant que je ne vous décevrez en aucun cas à cause de ce stupide stress que je m'impose.

Son père, toujours près d'elle, vint poser sa main de libre dans son dos, le caressant avec gentillesse et bienveillance. Il ignorait combien ce moment pouvait être lourd de sens pour une femme, mais se souvenait parfaitement de ce sentiment qu'il avait lui-même ressenti la veille de son mariage, et le jour même avant la cérémonie. Il avait eu peur de tout, si peur que sa belle ne refuse finalement alors qu'il était déjà une certitude qu'elle ne le ferait pas. Dans son geste, il tentait de rassurer sa fille, de lui prouver à son tour qu'elle n'avait rien à craindre, que tout se passerait pour le mieux. Et bientôt, la mère de la française s'éloignant un peu de celle-ci pour retourner verser ses larmes de bonheur plus loin, hésitant à rejoindre sa place dans cet attroupement d'invités dans un état pareil, Kyrie, elle, prit une autre inspiration entre-coupée elle-même par les battements frénétiques de son cœur. Finalement, elle ne pouvait plus faire marche arrière. Peu importe combien elle pouvait avoir peur, elle savait qu'elle n'avait rien à regretter de cette décision. Shinobu l'attendait, là-bas, près de l'autel. Et ce n'était à personne d'autre qu'à lui qu'elle confiait sa vie. Il fut bientôt temps de reprendre la marche et, en fermant les yeux, elle se laissa guider par Félix Rocheliodel, cet homme qui malgré son allure calme était presque aussi ému que sa fille unique. La lignée des Rocheliodel allait s'éteindre, disparaître, s'achevant sur le mariage de sa tendre petite. Mais il n'y avait rien à déplorer. Elle paraissait si heureuse, si confiante, si forte, aux côtés du japonais qu'il n'avait pu que se soumettre face à sa volonté de prendre son nom. Au final, dans un soupir sur lequel Kyrie ne dit rien, il comprenait qu'il avait déjà été trop calme le jour où ces deux-là s'étaient rencontrés. Désormais, il n'y avait plus rien pour les séparer, eux-même n'étant pas capable de prendre cette décision.

En tournant la tête vers son père, tentant encore de contenir ses larmes avec un courage qui semblait lui venir de très très très loin en elle, elle lui souriait. Et ce sourire fit comprendre à ce vieil homme qu'il se fourvoyait certainement. Elle aurait tout à fait été capable de prendre cette décision, mais elle ne voulait pas. Elle ne s'offrait pas à cet homme parce qu'elle voulait s'opposer à quoi que ce soit, ou par envie de faire s'évanouir son nom dans la poussière du temps, mais bien parce qu'elle l'aimait plus que quiconque en cette basse terre. Un faible sourire se glissa sur ses lèvres en retour là où Kyrie lisait la sagesse. Et en continuant encore à marcher, parvenant jusqu'aux portes elle perdit ses tremblements. C'était irréel. Cette robe, ces fleurs, ce décor, cette cérémonie. Et pourtant, c'était bel et bien ce qu'il lui arrivait. Les minutes s'écoulèrent, bien plus longues encore lorsqu'elle et son père franchirent ces grandes portes décorées lourdement, jusqu'à ce qu'elle parvienne finalement auprès de l'homme qui avait attendu sa venue. Et, à sa hauteur, à écouter les mots du prêtre dans un anglais qui était traduit ensuite dans deux langues différentes pour que la populace assise comprenne, elle attrapait sa main pour serrer ses doigts contre les siens, tentant dans ce geste de ne pas s'effondrer sous les battements qui faisaient rage dans sa poitrine qu'étreignait son corset. Le regard des gens posé sur eux, elle tentait d'en faire abstraction. Et plus les mots passaient, plus elle serrait sa main dans celle de son amant. Cette question se rapprochait. Sa question. Shinobu y avait déjà répondu et Kyrie entendait le même discours, réalisant qu'elle avait certainement déjà fait ce serment plusieurs fois dans sa tête dans la vie qu'ils avaient partagé jusque là. Ce n'était jamais qu'une officialisation d'un étant dans lequel ils étaient déjà. Enfin, elle entendit la voix citer ses prénoms, son nom, citant tout ce qu'elle était, avant de poser cette fameuse question. Quelques secondes s'écoulèrent, pendant lesquelles elle tenta de rassembler son courage. Sa voix, tremblante, pourtant pas hésitante, finit par s'offrir à l'assistance mais bien plus encore à celui qui se tenait près d'elle. Elle le voulait. Lui et lui seul, comme époux. Et ce jusqu'à la fin.

S'en suivit l'échange des alliances, où ni l'un ni l'autre ne su s'exécuter sans trembler comme une feuille, et enfin l'embrassade dans laquelle la française se perdit de bon cœur, tant en larmes qu'elle craignait de noyer ses yeux maquillés. Par chance, sa mère qui s'était chargé de ces quelques détails avait tout prévu, et les jolies perles hétéro-chromiques de la mariée ne risquaient rien, pas même d'avoir besoin d'être à nouveau maquillées ! Les festivités se tinrent ensuite, des réjouissances auxquelles tout le monde participa, des discours à la suite laissant parfois les invités s'emporter d'un rire, d'autres fois les remuant d'émotions que certains reconnaissaient comme s'ils revivaient leur propre mariage. Ce fut aussi l'occasion pour les parents de Kyrie de rencontrer pour la toute première fois ceux de Shinobu, car faire se croiser la famille de France et la famille japonaise habitant en Angleterre, ce n'était pas chose aisée. Par chance, rien ne dérapa, tout le monde étant certainement conscient que cette journée ne devait connaître aucun imprévu dérangeant, et ce pour le plus grand bonheur des mariés qui eurent la chance de pouvoir profiter de cette journée lourde de sentiments en la regardant de grands yeux baignant dans la tendresse. Kyrie, qui avait retrouvé son courage alors que la nuit commençait à tomber, s'esquiva de la foule pour pouvoir se poser au calme dans un coin un peu plus reculé dans la salle où les réjouissances avaient lieu. Et, levant sa main au devant de ses yeux, contempla pendant de longues minutes l'alliance qui ornait désormais son annulaire. Kyrie Luna Kawayashi. A Dieu, tendre Rocheliodel, là où il s'en va, un autre nom promet tout autant de rebondissements. Son ami le scientifique, un certain Walter, la rejoignit, une flûte de champagne dans la main qu'il lui tendit avec finesse, ses fins yeux plissés par une fatigue certaine dû à son travail répondant au regard plein de tendresse de son ancienne élève. Elle avait bien grandit, la frêle et muette petite Kyrie. Mais que ferait-elle dans le futur ? Saurait-elle trouver un endroit où pouvoir vivre sans craindre le monde qui menaçant tant son avenir et celui de la famille qu'elle finirait certainement par fonder avec Shinobu ? Cet homme, sage, qui avait autant entendu parler du marié que du père adoptif de celui-ci, savait parfaitement les particularités des deux êtres qui composaient cette paire. Et son cœur attaché à sa petite protégée ne pouvait pas s'empêcher de s'inquiéter pour leur bonheur. Aussi, se rapprochant d'elle, son souffle se perdant dans l'air de l'espace réduit entre eux, lui murmura-t-il quelques mots que la noble mémorisa, écoutant avec une attention presque religieuse. Chrysalis. Et le moyen le plus sûr pour pouvoir localiser l'île sur laquelle ce petit paradis sur Terre pour les gens comme eux existait. Évaluant toute la préciosité de l'information, la mariée embrasse affectueusement la joue de son ancien enseignant avant que celui-ci ne lui tende la flûte qu'elle bu en bavardant avec lui avant qu'il ne laisse la place au marié. Et, les joues rosées de toutes ces émotions en une seule journée, elle répondit au sourire de cet homme qui s'était posé auprès d'elle pour l'étreindre avec délicatesse.

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Chéri, où suis-je censée poser ce carton-là ?
- Mon coeur ! Voudrais-tu me laisser porter tout ce qui est lourd, s'il te plais ? Tu vas finir par te blesser.
- Bien sûr que non. Je ne suis pas faite de porcelaine, monsieur Kawayashi.
- Je le sais bien, madame Kawayashi, mais j'apprécierai malgré tout que vous ne vous encombriez pas avec ces bagatelles.
- Oh, ce joli langage, mon amour.

Dans un petit rire, la femme posait le carton, s'asseyant à même le sol pour pouvoir l'ouvrir et le déballer. Ils avaient décidé de déménager, peut-être aussi pour échapper à Sayame qui jusque là avait vécue trop près d'eux, ce qui ne rassurait absolument ps la nouvellement épouse. Non pas qu'elle n'aima pas sa belle-sœur, mais plutôt que celle-ci avait la fâcheuse habitude de clamer haut et fort que Shinobu faisait une erreur en s'installant avec la française qu'elle ne portait visiblement pas dans son cœur. Dans un autre petit rire, un peu plus embarrassé, elle se remémorait la liste des éléments que n'avait pas hésiter à citer la japonaise à son frère cadet pour tenter de le décourager. Elle voyait Kyrie comme une plante ennuyeuse, de laquelle elle était jalouse pour l'accord de ses courbes sans qu'elle n'ai jamais eu à en changer quoi que ce soit. Et Kyrie, de son côté, voyait sa belle-sœur comme une femme très troublée dans sa vie, pour laquelle elle avait beaucoup d'affection, mais dont elle n'osait pas spécialement s'approcher, de peur de ne voir à nouveau sa poitrine assaillit ou sa robe ou jupe soulevée. Sayame était très directe, ce qui n'était absolument pas connu pour être une caractéristique de la noble et, bien évidemment, c'était ainsi l'orage perpétuel entre elles deux, aussi bien dans les exclamations de Sayame que dans ce regard poli mais terriblement calme et tranchant chez Kyrie.

En dehors de cela, il y avait aussi cette volonté très prioritaire sur le reste pour le couple d'avoir son petit nid d'amour. Et s'il fut bien vite trouvé par Shinobu, ce petit paradis pour eux deux, à proximité d'une école où il saurait se rendre utile de par son "anormalité", bien qu'elle trouva ce mot fort mal trouvé, l'épouse s'inquiéta de ne pas pouvoir retrouver travail pour autant. Ainsi, en réfléchissant, les mains dans le carton à en extirper des livres et quelques autres babioles très emballées, elle songea à l'offre de son père. Celui-ci avait trouvé comme cadeau de mariage, après avoir entendu parler de l'installation du petit couple d'amoureux loin de ses mirettes, être une excellente idée de faire sienne une librairie du coin pour l'offrir à sa fille. Mais si l'idée était très bonne, Kyrie craignait beaucoup que ça n'en perturbe les environs. Tout fraîchement arrivée, elle ne voulait pas créer des soucis d'emplois pour les gens qui devaient travailler là-bas, et ne savait pas si c'était réellement se départir du soutient financier de son père que d'accepter un pareil présent. Et même si Shinobu était au courant de cette histoire, que la mère de son épouse n'avait bien évidemment pas hésiter à lui rapporter dans un coup de téléphone quelques jours à peine après l'apparition de cette idée, celui-ci ne savait pas vraiment quoi en penser. Habituée à ce que son mari lui donne son avis sur les décisions à prendre, parce qu'elle était devenue quelque peu étourdie dans sa joie, Kyrie ne savait pas quoi dire de ce silence qu'il lui offrait. Il pesait le pour et le contre autant qu'elle, c'était évident, mais ni l'un ni l'autre ne savait quoi donner comme décision finale.

Les jours passant, Shinobu fut absent de leur logement du matin au soir, partant tôt le matin pour revenir parfois relativement tard, c'était les horaires parfois surprenants des professeurs après tout. Et Kyrie ne trouvait alors pas vraiment mieux à faire que de se charger du ménage, du rangement, même si étant très douée dans ces deux domaines, il s'avérait qu'elle passait le plus clair de sa journée à réfléchir, parce qu'elle finissait généralement le tout de ses corvées avant même qu'il ne soit midi. Parfois, pour lui faire la surprise, son mari rentrait sur ladite pause de midi pour déjeuner avec elle, et dans ces moments-là, Kyrie remarquait combien elle pouvait en réalité être inutile. Et son besoin d'un minimum d'indépendance lui fit prendre un drôle de choix. Elle accepta l'offre de son père, se refaisant à la vie Londonienne, elle qui y avait passé quelques années pour ses études.

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Pendant des années, le couple surprenant eut une vie presque banale, tranquille, une vie qu'ils appréciaient, entretenaient. Jusqu'à ce qu'une surprise, inattendue, ne frappe à leur porte, un jour que le grand japonais était venu aider sa compagne à la librairie. Quelques instants de fatigue, quelques faiblesses, mais aussi des nausées, des douleurs, avaient piqué la curiosité de madame Kawayashi, qui avait été consulté un médecin qu'il que l'occasion s'en était présenté. Mais, ce jour-là, Shinobu discutant avec une de ces élèves d'un devoir portant plus ou moins sur les origines des races des enfants de l'établissement, elle ne trouvait pas l'instant pour le prendre à part et lui faire part de la nouvelle qui, lourde, l'inquiétant, lui donnait souvent de fondre en larmes quand elle se retrouvait seule. Jusque là, ni l'un ni l'autre n'avait vraiment prit la chose au sérieux, ils avaient toujours songé que ce présent tomberait des cieux, qu'ils n'avaient pas d'effort particulier à faire pour cela. Mais le moment était finalement venu et, ce sujet n'étant une habitude de conversation entre eux, Kyrie craint des jours entiers que son mari ne la quitte, effrayé des responsabilités que ce qu'elle allait lui annoncer allait lui imposer.

Elle réunit son courage, de son mieux, et parvint ensuite à le tirer jusqu'à l'arrière boutique, tentant de son mieux de ne pas choir de ses talons sous la faiblesse de ses jambes. Et, serrant ses petites mains contre les mains de géant de son mari, alors que son coeur battait à ses tempes, que les larmes s'amassaient à ses yeux, elle lui annonça la nouvelle. Elle était enceinte. Et le médecin soupçonnait qu'elle n'attende des jumeaux, et que ceux-ci soit l'un derrière l'autre. Ce n'était pas sûr mais, quoi qu'il ai pu en être, c'était une certitude que la vie était venue se nicher au creux de son ventre. Elle fondit en larmes, cette fois-ci par soulagement, quand son mari, surexcitée, embrassa sa joue avant de la serrer longuement contre lui. Dans ses bras, elle s'allégea de toute la peur qu'elle avait ressenti, s'en voulant même d'avoir douté de l'homme qui partageait sa vie depuis de longues années déjà. Shinobu était un homme bien, et il serait un bon père. Elle savait qu'elle pourrait compter sur lui, qu'il ferait tout les efforts du monde afin que cette grossesse se passe bien.

Et, les jours, les semaines, les mois s'écoulant, ce fait devint un fait avéré. Le professeur devint attentif, presque sur-protecteur, mais la française ne s'en offensait pas, sachant bien qu'il ne souhaitait que son bien, et celui des deux petits êtres qui grandissaient en elle. Malgré cela, rester à la maison toute la journée était pour elle une véritable torture. Ne supportant pas de se sentir inutile, elle faisait de son mieux pour range, faire le ménage, préparer à manger, tentant de convaincre Shinobu que ce n'était pas là des gestes éprouvants et qu'il n'y avait donc de ce fait aucun danger à craindre. Mais, ce n'était toujours pas assez sûr. Et, la grossesse passant, son ventre s'arrondissant de plus en plus, Kyrie se vit finalement obligée d'être alitée. Ses jambes ne supportaient plus que très mal son poids, douloureuses, et elle dû attendre la libération de l'accouchement. Elle souriait, aux quelques personnes qu'elle croisait, le soir, quand l'air frais lui facilitait les choses, et qu'elle sortait se balader avec son mari avant d'aller au lit. Elle souriait toujours, avec gentillesse, comme si elle était confiante. Mais dans le fond, quelque part dans son coeur, une mauvaise graine se développait. Et s'ils possédaient eux aussi des capacités ? Et s'ils étaient dangereux, pour les autres ou, pire encore, pour eux-mêmes ? Dans ces moments de solitude, quand Shinobu travaillait, elle se posait dans le lit, en lisant quand elle ne dormait pas, et, ses yeux plongés sur les lignes sans les suivre, elle songeait à la complexité de la situation. Il y aurait toujours des gens à mettre en péril l'existence de ses bébés. Il y aurait toujours des personnes avides de pouvoir, qui souhaiteraient les utiliser, comme on avait déjà tenté de l'utiliser elle-même par le passé. Elle soupirait, sans cesse, en l'absence de son mari, caressant son ventre comme pour rassurer des êtres encore inconscients du danger du monde extérieur.

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L'accouchement fut difficile. Le corps faible de Kyrie eut énormément de mal à donner la vie à deux petits êtres, l'un après l'autre, et elle fut à nouveau alitée, à l'hôpital, pendant quelques jours. Malgré cet embêtant fait, elle gardait à l'esprit la gentillesse de son époux, dont elle avait craint ensuite d'avoir broyé la main sous la douleur déchirante, lancinante, et la rapidité avec laquelle il s'était adapté à la situation. En souriant, regardant le grand homme assit sur le sol, à jouer avec ses enfants, elle songea encore à ce moment inoubliable. Tout deux avaient été surprit, Shinobu était en pleine lecture, elle en plein point de croix, quand les contractions avaient commencé. Et elle avait perdu les eaux dans ses bras, en serrant les dents. Mais maintenant, cette douleur lui semblait avoir été tout à fait normal. Et quand elle regardait ses angelots, Tatsuo et Hana, elle observait à quel point la vie avait été bonne avec elle. Un mari exceptionnel, et deux adorables visages qui venaient les réveiller toujours le week-end en se glissant entre eux, pour être au chaud entre papa et maman. Une assiette dans les mains, parce qu'elle faisait la vaisselle, elle regarda encore. Shinobu, grand colosse de deux mètres, jouait avec les petits comme s'il n'avait que 4 ans, comme eux, faisant les sons des missiles que les vaisseaux en légo devaient lancer dans leur imaginaire. Hana, bientôt, se leva, elle qui s'était assise entre les jambes de son père, et vint la voir, lui tendant sa poupée dans un grand sourire fasciné.

- Maman, maman ! Z'ai faim ! Et ma poupée z'aussi !
- Il va être l'heure de petit-déjeuner, de toutes façons. Appelle donc ton frère et papa, chérie, avant que vous ne soyez en retard.

Shinobu, qui avait été en pleine bataille spatiale, lorgna sur sa montre, avant d'embrasser les joues de ses enfants, et de venir embrasser le front d'une Kyrie qui riait tout bas. Il allait encore être en retard. Elle le laissa filer, lui promettant encore de bien s'occuper des petits et, après les avoir fait déjeuner, les avoir habiller, elle les emmena à l'école. Il fut ensuite temps pour elle de rejoindre la librairie, ou son employée fidèle et adorable l'accueillit, avant de lui demander comment allait la petite famille. Elle sourit, encore une fois, lui répondit gentiment, et, le tintement de la porte lui faisant tourner la tête, elle trottina jusqu'à la réception, pour accueillir l'homme qui venait d'entrer et qui devait chercher la perle rare parmi tout les livres entreposés là. En le conseillant, une partie de son esprit s'enfuit, vagabondant entre le passé, le présent et le futur qu'elle désirait tout aussi agréable. Sa vie, tranquille, sage, était tout ce qu'elle désirait. Vivre aux côtés de Shinobu, veiller au bonheur de Tatsuo et Hana, et les protéger tout les trois de son mieux. Elle soupira, doucement, d'aise, en laissant repartir son client avec un livre qu'elle était sûre qu'il adorerait, et vint s'asseoir à la petite table ronde près de la réception, acceptant volontiers le thé et les gâteaux de sa collège avaient préparés. Ce que c'était tranquille...
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Kyrie L. Kawayashi || La douceur d'une mère, la tendresse d'une épouse, la volonté d'une femme.
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